Pirep à Busnes : prête pour un (nouveau) décollage…

Economie
Alain Cuisse - Pirep

Cette petite-moyenne entreprise de 72 salariés (qui en sont tous actionnaires) a investi 2,5 millions d’euros dans un nouvel outil de production de tubes. Des tubes qui passent haut dans le ciel, ouvrant de nouveaux horizons au site.

S’il n’y avait ce grand bâtiment blanc siglé Pirep (Plastiques industriels résistants et performants) et le va-et-vient incessant de camions de toute taille, l’endroit passerait presque inaperçu dans le paysage entre Lillers et Busnes. Ce bâtiment, 25 m de haut, c’est justement la nouvelle tour d’extrusion sur laquelle comptent Alain Cuisse, PDG de la société depuis 17 ans, et ses salariés pour assurer leur avenir. Le potentiel est en effet énorme tant en neuf qu’en renouvellement.

Se donner de l’air…

L’aéronautique, Airbus pour être précis, est le deuxième débouché de Pirep, auquel la société livre (indirectement) des tubes plastiques. Et pas n’importe quel type de tube : ils doivent être flexibles et, surtout, résistants aux variations extrêmes de température (1). Ces gaines-là sont principalement destinées à l’A320, le moyen-courrier le plus vendu par l’avionneur européen. « C’est un marché presque merveilleux, poursuit Alain Cuisse. Ils (Airbus) ont quasiment 3 années de commandes devant eux - une cadence de 42 avions par mois aujourd’hui, de 60 à l’horizon 2020 ! Ça nous donne de la visibilité… Et il y a encore beaucoup d’avions de plus de 30 ans qui volent : il y a du renouvellement à faire. »

Tenir la route…

L’entreprise busnoise fabrique principalement des produits en PTFE (polytétrafluoroéthylène, que chacun connaît surtout par la marque Teflon©). Une activité qui pèse pour 85 % du chiffre d’affaires de la société (14,5 M€ en 2016). « Toutes les semaines, on fait rentrer des camions de poudre blanche pour faire des joints. », plaisante Alain Cuisse. Des joints et autres produits qui, du fait même des propriétés remarquables du PTFE (résistance à la chaleur, aux acides, coefficient de frottement très faible…), se retrouvent dans tous les domaines d’activité.

Le secteur automobile en tout premier lieu, avant l’aéronautique donc, mais aussi l’industrie pharmaceutique, l’électroménager, l’ameublement... Il convient encore d’ajouter à cela l’activité « polyuréthane » (10 % du chiffre d’affaires) qui se traduit par exemple par la production de galets d’entraînement pour escalators, de patins pour gros engins de chantier…

1 – Un avion peut passer de 50°C à moins 50°C en quelques minutes

> Le projet de développement de Pirep bénéficie de l’accompagnement de la Région et de l’Agglomération.


Pirep en chiffres

1959 : création de Pirep, société à responsabilité limitée qui devient société anonyme quelques années plus tard et s’installe à Busnes.

2000 : Alain Cuisse devient président directeur général.

2007 : première extension.

2016 : mise en service de la 2e tour d’extrusion (la 1re,  de 18 m de haut, lui fait face mais à distance de sécurité raisonnable).

Le site s’étend sur 24 000 m2 au total pour une surface industrielle de 6 500 m2.

Pirep emploie 72 salariés, tous actionnaires de la société. Les bénéfices sont systématiquement orientés vers l’investissement productif. Du fait de l’emballement technologique, « on est condamnés à investir, à se battre tous les jours, se remettre en cause tous les matins. », résume Alain Cuisse.

Pirep, 1311 route de Lillers, 62350 Busnes / www.pirep.fr